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Mines en Corbières


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Identité Détails Photos
La Bousole
Commune : Palairac Intérêt : 3/5
numéro : 66 icone Boucle randonnée :
9
Latitude (°)/UTM : 42xxxxx/Nxxxxx Longitude (°)/UTM : 2xxxxx/Exxxxx Parcelle(s) cadastrale(s) :
C3 422, 424, 425
Type : Galerie Police : Maire Propriétaire :
Commune
Minéralisation principale : Sb
Dernière concession :
Bousole
Période(s) d'activité :
XVII ?, XVIII ?, XIX et XX

La Bousole

Accès

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Etat

Mise en sécurité en 1983, le puits a été bouché avec les restes du four et des bâtiments présents (dommage...). La galerie descendante est obturée aussi par des déblais. En s’affaissant les déblais du puits ont recréés un trou de près de 3 m de profondeur et un très étroit passage apparaît en voûte des la descenderie. L'emplacement de la galerie Sainte Barbe n'est plus connu pour le moment. Des bâtiments du XIXème il ne reste que les soubassements. Du four, rien...

Souhait dans le cadre des boucles de randonnées

Site minier intéressant mais saccagé par la mise en sécurité. Il faudrait débroussailler l'ensemble du site pour y voir plus clair. Entourer le puit qui se reforme par une clôture. Donner libre accès à la galerie de recherche qui correspond à l'aiguille.

Minéralisations

Sb, Pb, S, Cu, Ni, Zn, Ag, Au ...
stibine (Sb2S3) ; jamesonite au centre ; plagionite, bournonite (PbCuSbS3) et panabase ((Cu,Fe)12Sb4S13) au nord, galène (PbS) au sud ;tTraces: blende (ZnS), Pyrite (FeS), ...
Gangue : quartz, calcite (CaCO3) noirâtre, barytine (BaSO4).

Description et Historique

Située sur Palairac en limite de Maisons, la mine a surtout fait l'objet de travaux entre 1835 et 1842. Cependant César d'Arçon, au XVII (vers 1665), avant de décrire la galerie de Lacanal, parle de "roignons" d'antimoine qu'il a exploité et qu'il a retiré très probablement du site de la Bousole. De même au XVIII, à partir de 1782, Joseph-Gaspard Pailhoux de Cascastel s'est livré avec Jean Antoine Chaptal à l'exploitation des mines d'antimoines de Maisons (Las Corbas), Quintillan et un peu Palairac. Il aurait même installé à La Bousole un four pour l'extraction de l'antimoine cru. Au XVII et au XVIII, le mot antimoine désignait en réalité la stibine (Sb2S3). L'élément chimique antimoine (Sb) s'appelait alors le régule.
Anecdote : dans la description de la concession en 1839, la colline qui démarre à la mine, située sur Maisons, s'appelait la Jacquette. Aujourd'hui on l'appelle la Saquette. Pailhoux de Cascastel s'est-il arrangé pour que le nom du tènement de cette colline soit celui de sa chère fille Jacquette ?

Pour la suite, prenons l'historique à Gauthier Langlois :

"En 1835 le filon est redécouvert par Sauveur Bonny, maréchal à forge, Pierre Pagès, maître mineur, tous deux domiciliés à Maisons, et Bernard Portet, minéralogiste originaire de Pamiers. Les trois associés passent un acte notarié le 18 mai 1835 avec Dominique Raynaud, agriculteur à Maisons et propriétaire du terrain, dans lequel ils déclarent avoir commencé des fouilles depuis début Mai et donnent à Raynaud une rente annuelle de 12 francs par an en échange du droit d'exploitation. Le sieur Fabre, qui avait reçu alors des échantillons des inventeurs, demanda le 13/5/1835 la concession du gîte. Il s'en prétendra d'ailleurs inventeur et essayera de réclamer des dommages et interêts à ce titre en 1843-1848. Portet, Pagès et Bonny cédèrent leurs droits à Jean Paliopy et Henry Ribes, fabricants de produits chimiques à Carcassonne. (acte du 3/7/1835). Ces derniers demandèrent à leur tour la concession par pétition du 20 novembre 1835. ...
La concession des mines d'antimoine, cuivre, plomb, argent et métaux connexes de la Bousole est accordée à Paliopy et Ribes par l'ordonnance royale du 27 avril 1838 ... La concession avait une étendue superficielle de 37 hectares, sur les communes de Palairac et Maisons."

La concession allait tout de même jusqu'à la mine de Lacanal et on peut supposer que les exploitants y firent quelques recherches. Ces mêmes concessionnaires percèrent la galerie de travers-banc, appelée Sainte Barbe, aujourdh'hui en partie écroulée et complètement inaccessible à cause de la végétation.

Gauthier poursuit :

"Les concessionnaires installèrent sur le carreau de la mine un bâtiment qui comprenait une forge pour l'entretien du matériel, un magasin et un bureau. Le minerai subissait un grillage et une fusion préalable sur place, dans un four à réverbère. Sa nature avait exigé la mise au point d'une méthode spéciale de traitement, qui prit le nom de méthode de Carcassonne. C'est peut-être la raison pour laquelle Pailhoux ne l'avait pas exploité. Le produit était transporté à dos de mulet à Lagrasse, puis de là, en charrette jusqu'a Carcassonne où Paliopy avait des fours. Les travaux prirent une grande ampleur.

On abandonna la mine en 1842, probablement à cause des difficultés d'extraction en dessous du niveau hydrostatique, du coût des transports, et par suite d'un procès entre les différents actionnaires de la compagnie Paliopy. Thénezy, concessionnaire de la mine d'Auriac, associé à Gaillard, reprit la concession en 1859. Il n'y eut pas de nouveaux travaux. Elle passa ensuite dans les mains de Georges Hyvert, un ingénieur du pays, qui avait déja exploité une autre mine d'antimoine dans le Limousin. (acte du 1/1/1908). C'est pour susciter des associés favorables à une reprise du gîte, qu'il publie la même année un petit ouvrage historique de propagande, le Cartulaire du district antimonieux et cuprifère de la Bousole-Maisons. Hyvert s'était associé en 1890 avec Thenezy et Gaillard, en vue d'une extension de la concession aux gîtes de las Corbos, Sainte-Marie etc. Il avait effectué une série de recherches dans le district, mais les projets n'avaient pas vu le jour.

A partir de 1925, Roger Hyvert, fils du précedent, et Raymond Esparseil, font déblayer tous les travaux du district et installent un decauville, (chemin de fer minier), entre la Canal et la mine de las Corbos. En 1938 la concession est amodiée à la Société des mines du Languedoc, dans laquelle Hyvert et Esparseil sont partie prenante. Ils tentent la réouverture de la mine et construisent en 1939 une petite usine de réduction de l'antimoine sur le carreau de la mine de la Canal. L'antimoine venait de las Corbos par le decauville (en réalité ce decauville ne semble jamais avoir été terminé), et de la Bousole. L'extraction fût limitée aux besoins de la mise au point du procédé de réduction. La guerre arrêta tout."

Au temps de Paliopy, on l'a vu, un conflit opposa les concessionnaires au sieur Fabre de Castelnaudary qui revendiquait la mine. Gauthier cite des chiffres d'exploitation contradictoires entre les exploitants, qui avaient intérêts à minimiser les chiffres pour la dissolution de la société, et Fabre, qui réclama en vain la concession et qui, lui, grossissait au contraire les chiffres. La production de sulfure en 4 ans (de 1838 à 1842) a été estimée à environ 150 tonnes.

La Bousole